Sémine Yang « formes et transformes »

A l’issue de sa résidence au Bloc tout le mois d’Août, Sémine Yang proposera une exposition autour de la notion de forme. Elle y présentera trois séries travaillées pendant la résidence, en privilégiant des formats adaptés aux espaces du Bloc.
Du mercredi au dimanche de 14h à 19h (entrée libre et gratuite)
Vernissage le jeudi 3 septembre à partir de 18h30.
Des évènements musicaux avec Paul Brousseau sont programmés à l’occasion (Voir agenda)

Sémine Yang : Entre rigueur géométrique et liberté organique
Diplômée des Beaux-Arts en Corée du Sud et en France, Yang Semine déploie un univers pictural singulier axé sur la résilience de la nature sauvage en milieu urbain. À la croisée de l’héritage graphique asiatique et de l’art contemporain occidental, son travail se distingue avant tout par une captivante recherche sur les formes.
Dans ses compositions, l’artiste fait cohabiter la dualité de notre monde : la rigueur des structures géométriques, symboles de l’espace urbain rationalisé, se confronte à la fluidité et au mouvement libre des lignes organiques. Qu’elle stylise l’anatomie d’une fleur, le rythme graphique d’une vague ou la silhouette d’une herbe folle, elle explore la métamorphose du vivant à la frontière de l’abstraction et de la figuration.
Cette exploration plastique se traduit par une riche diversité matérielle. Si Sémine Yang libère son geste à l’acrylique sur toile après une première esquisse numérique sur tablette, elle dialogue également avec la transparence de l’aquarelle, la photographie plasticienne et le travail du tissu, qu’elle manipule par le pliage, le nouage et l’assemblage pour donner naissance à de légères structures en volume
En isolant ces motifs souvent jugés indésirables ou éphémères, elle inverse subtilement les rapports de force. Le minuscule devient monumental, le chaos apparent de la nature retrouve une harmonie graphique, et chaque création devient une magnifique ode à la liberté et à la contemplation.

« La mémoire n’est pas un récit figé mais une matière vivante. Elle se fragmente, se déplace et se recompose au fil du temps. Les expériences, les sensations et les émotions s’y déposent, se mêlant peu à peu à l’imaginaire.
Cette exposition sera née de l’expérience d’un lieu particulier, Le Bloc, qui m’évoque une anfractuosité. Depuis la préhistoire, la caverne est un lieu de refuge, de témoignage, mais aussi de mystère et d’inconnu. Les humains y ont laissé des traces de leur passage, témoignant de leur rapport au monde, à leurs croyances et à leurs désirs. Elle apparaît ainsi comme unespace où l’invisible devient perceptible.
Les peintures ici ne représentent ni des scènes narratives ni des objets identifiables. Elles émergent d’un processus où souvenirs, perceptions et impressions se mêlent et se transforment. Les formes qui apparaissent sur la toile oscillent entre paysage, organisme et abstraction. Elles se superposent, disparaissent, réapparaissent, à l’image des mouvements de la mémoire elle-même. La peinture devient alors un lieu d’apparition, où se rencontrent réalité vécue et imaginaire, présence et effacement.
L’exposition invite à parcourir cet espace sensible, semblable à une grotte intérieure, où les traces du passé continuent de se réinventer. »
Yang Semine